Beït el Mokhtar Rebeiz, la maison-biscuit


La "maison-biscuit"

Sur la rue Jeanne d’Arc, le premier étage d’une maison blanche du début du siècle est menacé d’affaissement. En cause : la construction d’un restaurant dans l’entresol de la maison, sans respect aucun des normes de sécurité en vigueur, estiment le couple Serof, locataire du premier.

Grégoire Serof, architecte et peintre, d’origine russe, a vécu au premier étage de cette maison depuis son enfance en 1942. Florence, sa femme, artiste polyvalente, est franco-libanaise et l’a rejoint dans les années 1960. Grégoire raconte :

La maison a été construite au début des années 1900 par Nicolas Rebeiz ; c’est la dernière maison de ce style dans le quartier ; je l’appelle la maison-biscuit parce qu’elle est en pierre sablonneuse, très friable. 

Dans les années 1920, le béton est en effet devenu le matériau de construction privilégié, reléguant la pierre sablonneuse aux oubliettes. Dans les années 1960, Gerge, le fils de Nicolas, qui habite au rez-de-chaussée, devient moukhtar (maire de quartier) et aménage un entresol entre les deux étages pour y établir son bureau.

En 1995, la construction d’une boutique de prêt-à-porter au rez-de chaussée fragilise légèrement la structure de l’édifice. En octobre 2011, la veuve d’un des héritiers loue l’entresol à une société qui veut en faire un restaurant.

Grégoire Serof a fabriqué une maquette explicative de la maison

Ils ont percé de nouvelles fenêtres, agrandi les anciennes et les portes, s’attaquant ainsi aux murs porteurs de la maison. En d’autres mots, ils sont en train de mettre réellement en danger toute la structure de l’édifice. Ils ont également rajouté une terrasse vitrée.

L'Etat du premier étage de la maison se dégrade de jour en jour

De nouvelles fissures sont apparues dans l’appartement des Sérof, d’anciennes se sont rouvertes.

Florence Serof : la nouvelle façade du restaurent dénaturalise la maison

Les Serof ont décidé de se battre: outre une pétition qu’ils font circuler dans le quartier, ils ont porté plainte pour fragilisation de la structure :

Tous ces travaux sont effectués sans aucun permis de construire. Le bureau technique du Mouhafez le leur a refusé. Ils n’ont qu’un avis d’aménagement qui ne leur donne pas le droit de toucher à la façade et aux murs porteurs. 

 

Pétition que le couple Serof fait circuler pour la sauvegarde de la "maison-biscuit"

 

Pour signer la pétition, contacter les Serof à cette adresse: flocoupel@hotmail.com

 

Article réalisé par: Marie-José Daoud, Marisol Rifai et Micheline Tobia

One comment

  1. elia dit :

    J’ai vécu rue Jeanne d’Arc dans les années 60. Je connais d’autant mieux cette ravissante maison que ses propriétaires sont des amis. Il faut tout faire pour les aider à la sauver car en la sauvant on sauve aussi un peu de l’âme libanaise. Dans ces mêmes années j’ai publié plusieurs articles dans le journal « Magazine »sur le magnifique patrimoine architectural libanais qui alertaient sur la fragilité de celui-ci. La guerre et l’indifférence ont malheureusement accompli leur oeuvre destructrice. Mais rien n’est jamais perdu. Il faut des associations fortes et déterminées et je suis certaine qu’il y en a dans ce Liban pris de folie urbanistique oublieux de sa mémoire.
    Courage à vous qui dénonçaient et voulaient prendre la pari de la beauté sur la laideur.
    Myriam Elia

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